La Géologie 3
1- Les terroirs des Corbières du Roussillon Partie la plus septentrionale du Roussillon aux confins des Pyrénées Orientales et de l’Aude, elle correspond géologiquement à une partie de la « zone nord pyrénéenne » dominée par les calcaires blancs et les marno-calcaires. Au pied du mont Tauch, entaillé dans les calcaires cénomaniens, le bassin de Tuchan-Paziols décrouvre des terrains calcaires du Trias, des marnes du Crétacé supérieur et des conglomérats et sables Oligocènes qui constituent l’est du bassin. Les terroirs y sont divers, le système de pente et d’exposition se combinant avec une diversité des substratums et des formations superficielles.
2- Les terroirs de la Vallée de l'Agly Si cette zone constitue le prolongement géologique de la précédente, elle s’y oppose d’un point de vue des terrains et des paysages. Elle est marquée par les marnes noires entaillés en gouttières et dominés par les chaînons calcaires du Crétacé inférieur et du Jurassique. Les terroirs de Tautavel et le vignoble de Maury se situent dans le synclinal marneux des Fenouillèdes et en exploitent principalement les basses terres de collines marneuses et de terrasses alluviales. Localement, des vieux sols rouges méditerranéens ont été préservés qui donnent leur originalité à quelques parcelles. Le vignoble de l'Agly proprement dit s'étend au sud, au-delà du col de Maury. A l'ouest, le village de Lesquerde possède des terroirs uniques de granite et de gneiss, récemment reconnus par l'AOC Côtes du Roussillon Villages Lesquerde. En suivant la vallée, le petit village de Saint-Arnac constitue avec son terroir d’arènes granitiques argileuses, une enclave spécifique.
Sur la zone d'AOC Côtes du Roussillon Villages Caramany, en descendant vers l'est, le vignoble est planté sur les gneiss précambriens. Les sols qui en dérivent, à la couleur rouge typique, sont extrêmement favorables à la production de vins de qualité. Un peu à l'écart de la rivière, autour de Bélesta, le vignoble s'étend sur des sols de granites et de gneiss puis, plus au sud encore, sur des affleurement de molasses blanches du pliocène, parfois très graveleuses. En rejoignant la rivière Agly, au nord, entre Rasiguère et Estagel, l'AOC Côtes du Roussillon Villages Latour-de-France doit sa spécificité à la présence de schistes fins pélitiques. Vers l’aval encore, les terroirs de Baixas et d'Espira-de-l'Agly mettent au contact les calcaires jurassiques et les formations alluviales pliocènes et ouvrent vers la "Crest" (ou Crau) de Rivesaltes jusqu'à Salses. C'est un vaste cône alluvial caillouteux qui mêle galets et argile rouge induré en profondeur.
3- Les terroirs de la plaine du Roussillon Au sud de Belesta, d'Ille-sur-Têt à la mer, s’étend un pays de collines et de terrasses autour de grands couloirs fluviaux de l’Agly, de la Têt, du Réart et du Tech. Le « Crest » de Rivesaltes se rattache déjà indéniablement à cette ensemble. Constitués d’alluvions dont l’âge s’échelonne entre le Pliocène et le Quaternaire portant des sols pauvres de galets roulés, de sables et d’argiles c’est un ensemble de terroirs à vigne par excellence, dans lesquels les nuances s’expriment par la nature des formations plus ou moins grossières (galets, sables, limons), la pétrographie des galets (schistes, gneiss, granite et même marbre) ou encore l’épaisseur des formations et leur âge. Les versants entaillés dans la molasse pliocène portent généralement des sols pauvres et peu évolués coiffés à leur sommet par des croupes plus ou moins planes sur lesquelles se développent des terrasses alluviales qui portent elles des sols argileux rouges typiques parfois épais. Ce système trouve son apogée dans les Aspres où les terrasses du Tech et du Réart viennent reposer sur les alluvions anciennes du Pliocènes et assurent une bonne alimentation hydrique de la vigne. Vers l’Ouest, ces formations deviennent plus grossières, s’enrichissent en blocs jusqu’au pied des reliefs des Aspres schisteuses et calcaires. S’y développent alors des terroirs plus frais du fait de l’altitude et particulier. Au-delà du Tech, les formations alluviales issues des Albères s’apparentes à ces cônes alluviaux grossiers, composés de blocs parfois énormes et de galets grossiers. Il s’agit là d’un véritable piémont constitué de terrains alluviaux venant au contact des schistes.
4- Zone de Banyuls et Collioure Vers l’Est, les Pyrénées viennent plonger dans la mer au niveau d’une côte rocheuse particulièrement découpée. On devine dans ce tracé la présence de failles qui structurent cet édifice. Le vignoble est installé sur les schistes, micaschistes et gneiss à chlorite. Sur ces schistes, le sol est très érodé et, en surface, il ne subsiste bien souvent qu'un amas de débris noyés dans une matrice de sables et d’argile de quelques centimètres d'épaisseur. Terroirs, roches-mère et sols sont alors quasiment indissociables. Les subtilités des terroirs tiennent alors d’avantage aux micro-climats atmosphériques (exposition, pente, distance à la mer et position sur le versant) et à la fragmentation de la roche-mère, qui favorise un plus ou moins grand enracinement en profondeur, garant d’une alimentation hydrique durant les mois de sècheresse. L’érosion des sols maigres est un souci constant. « Feixes » et « Peus de gall » dessinent sur les versant un réseau aussi esthétique qu’efficace de lutte contre la perte de sol. Les bas de versants et les fonds de vallées sont toutefois recouverts de formations superficielles plus épaisses et plus riches en fines et argiles qui donnent une plus grande vigueur à la vigne.
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